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Une conciliation travail-famille parfois plus aisée pendant la pandémie

Les responsabilités parentales se sont considérablement accrues depuis le début de la pandémie. Notamment en raison de la fermeture des garderies et des écoles lors de la première vague, des éclosions dans certains milieux et des mesures d’isolement en cas de symptômes ou de contacts avec une personne atteinte de la COVID-19. Bien que les femmes accordent toujours plus de temps que les hommes aux tâches domestiques et aux soins aux enfants, une récente étude semble indiquer que la conciliation travail-famille est parfois plus aisée en temps de pandémie, des données qui laissent entrevoir une lueur d’espoir pour l’avenir.

Publié le 4 mars 2022

S’appuyant sur les résultats de deux sondages menés par la firme Léger en janvier 2018 et en mai 2020 pour le compte du Réseau pour un Québec Famille, Sophie Mathieu et Diane-Gabrielle Tremblay comparent l’expérience de conciliation travail-famille des mères et des pères du Québec, avant et pendant la pandémie.

Une conciliation un peu plus facile en temps de pandémie

Leur étude montre d’abord que les femmes sont toujours moins nombreuses que les hommes à affirmer que leur conciliation travail-famille est facile. Cette tendance s’observe avant la pandémie (52 % c. à 58 %) et pendant la pandémie (58 % c. à 65 %). Néanmoins, une proportion plus élevée de mères et de pères rapportent que leur conciliation travail-famille est facile en temps de pandémie, et ce, malgré les mesures de confinement imposées en 2020. La hausse entre 2018 et 2020 se chiffre à six points de pourcentage chez les femmes et à huit points de pourcentage chez les hommes. L’analyse de Mathieu et Tremblay indique que la situation ne varie pas selon la catégorie professionnelle des parents.

Figure 1

Proportion de pères et de mères sondés qui affirment avoir une conciliation travail-famille « facile », Québec, 2018 et 2020

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Source : Données tirées des sondages réalisés pour le compte du Réseau pour un Québec Famille en 2018 et en 2020.

Des pistes pour expliquer la diminution du conflit travail-famille

Selon Mathieu et Tremblay, plusieurs facteurs ont pu contribuer à réduire le conflit travail-famille pour certains parents pendant la pandémie, notamment la mise en place du télétravail au Québec au printemps 2020, qui aurait réduit le stress lié au manque de temps des parents. Selon l’Institut national de santé publique, environ 40 % des travailleuses et travailleurs étaient en situation de télétravail en mai 2020.

Les données des sondages effectués pour le compte du Réseau pour un Québec Famille ont également révélé qu’en contexte de pandémie, plusieurs employeurs ont fait preuve d’un haut niveau d’empathie et ont diminué leurs attentes en matière de productivité envers les parents. Selon Mathieu et Tremblay, un tel soutien organisationnel pourrait être à la source d’une meilleure conciliation travail-famille.

Les chercheuses émettent également l’hypothèse que le temps passé à la maison pendant la pandémie pourrait avoir favorisé une plus grande implication des pères dans les soins aux enfants, diminuant ainsi le conflit travail-famille des femmes et favorisant un partage plus égalitaire des responsabilités familiales. Une étude canadienne menée auprès de 1 234 parents rend cette hypothèse plausible, puisqu’elle laisse entendre que la participation des pères aux tâches domestiques et aux soins aux enfants se serait accrue au début de la crise sanitaire.

Il reste que des analyses plus fines seront nécessaires pour mieux comprendre les effets de la pandémie sur la conciliation travail-famille, particulièrement pour les femmes, à qui incombent davantage les responsabilités familiales.

Ce contenu a été préparé par Marie-Claude Francoeur du Conseil du statut de la femme.

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