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Favoriser la reconnaissance professionnelle

Analyse

La parole et l’expertise des femmes de la relève agricole sont parfois mises en doute par des interlocuteurs du milieu. L’assentiment du masculin est demandé, par exemple, lorsqu’il est question de décider d’un achat ou de discuter d’une réparation de matériel ou de machinerie agricole. Les participantes établies dans la ferme familiale se font demander si leur père est présent, alors que celles ayant démarré une ferme sur de petites surfaces si leur conjoint est dans le coin.

Sur les terres agricoles, il est vite présumé que les hommes travaillent dans les champs et que les femmes s’occupent des enfants, de l’administration et de la mise en marché. Cette situation pousse les agricultrices à asseoir leur légitimité. Elles s’obligent à adopter des façons de fonctionner inspirées du modèle masculin perçu comme critère de confiance. Les participantes à cette étude adoptent des règles de conduite implicites et déploient des stratégies pour parvenir à faire contrepoids à ces a priori.

Certains attributs comme la force physique et des connaissances en mécanique sont encore entendus comme indispensables pour travailler en agriculture. Plusieurs participantes sont conscientes de ne pas posséder ou maîtriser certaines de ces compétences, parmi les plus valorisées en agriculture.

Cependant, elles n’hésitent pas à mettre en place différents moyens pour surmonter ces lacunes et éviter d’avoir à payer des factures trop salées.

Pour plusieurs, leur indépendance se rattache à l’utilisation d’équipements spécifiques et à l’établissement d’un réseau d’experts avec qui échanger des services et des conseils pour développer des nouvelles façons de faire. En d’autres mots, les agricultrices rencontrées s’organisent.

Maude, productrice bovine, interrogée dans le cadre de cette étude souligne ainsi la chance qu’elle a eue de bénéficier d’un mentorat de la part de l’ancien propriétaire de son exploitation, ce qui lui a permis d’apprendre plusieurs trucs et astuces pour économiser et rentabiliser les investissements.

Parce que la persistance de représentations à l’égard des rôles traditionnels entraîne des défis en matière de reconnaissance professionnelle, le Conseil estime nécessaire de valoriser le travail des agricultrices, notamment en favorisant leur reconnaissance professionnelle.