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Le plaisir au féminin : révolutionner l’intime

D’aussi loin que les siècles se souviennent, le plaisir féminin est une affaire d’hommes. Contrôlé, invisibilisé, honni, puni, instrumentalisé ou drapé de honte, le désir des femmes s’est longtemps accordé au masculin. Au Québec comme ailleurs, nombre de personnalités, journalistes, artistes, intervenantes et organismes œuvrent à éduquer et à promouvoir le droit à une sexualité féminine positive, inclusive et libératrice. Cet automne, le magazine Gazette des femmes invite ses collaboratrices à déboulonner les stéréotypes de l’intime… et à revendiquer une approche féministe du plaisir

Janette Bertrand travaille depuis sept décennies à « déniaiser le Québec », pour reprendre l’expression consacrée. Éducatrice populaire exceptionnelle, la communicatrice a su inspirer plusieurs de ses contemporaines à chavirer les tabous. Hélène Mercier s’entretient avec quelques-unes de ces Déniaiseuses, celles avec un grand D, issues de cette jeune relève qui, aujourd’hui, prend la parole pour démystifier tantôt le clitoris, tantôt l’asexualité, les inégalités orgasmiques ou encore la masturbation.

La vie intime se révèle souvent comme un bastion des rapports inégalitaires. À la lumière d’études récentes, le fossé orgasmique entre les femmes et les hommes serait même plus important que celui en matière salariale. Le sexe serait-il le dernier rempart des inégalités? Cécile Calla en discute avec Camille Emmanuelle, écrivaine, journaliste et éditrice de la collection Sex Appeal aux éditions Anne Carrière. Elle a notamment publié Sexpowerment, un essai qui défend un féminisme sexpositif.

Emblème moderne de l’iniquité conjugale, la charge mentale épuise le corps et l’esprit, vampirise le temps. Afin de recueillir l’expérience de femmes sur la question, Elisabeth Massicolli lance cet appel à toutes : comment le poids du travail domestique et familial, tant logistique, pratique qu’émotionnel, affecte-t-il le désir des femmes au sein du couple hétérosexuel? Des réponses qui surprennent… La charge mentale, trouble-fête de l’épanouissement sexuel?

C’est connu, la sexualité des femmes envahit les unes des magazines… et fait vendre de la copie. Pourtant, passé un certain âge, les femmes aînées voient leur vie sexuelle éclipsée de l’espace public, invisibilisée de la sphère médiatique. Avec une espérance de vie qui s’allonge, l’accessibilité des outils de rencontre et la fréquentation de nouveaux partenaires, les femmes vivent une sexualité active après 60 ans… et bien au-delà. Maïté Belmir a rencontré des femmes aînées pour qui le sexe et le plaisir demeurent un apprentissage permanent!

Isabelle Stephen est fondatrice de la Communauté Asexuelle de Montréal, un organisme qui travaille à la reconnaissance et au réseautage des personnes asexuelles. La chroniqueuse et conférencière – qui est également magicienne et mentaliste – discute des nombreux visages de l’asexualité, enfin reconnue comme une orientation sexuelle à part entière. Devant les injonctions omniprésentes au plaisir et à une sexualité (hyper)active, l’action d’Isabelle Stephen prend tout son sens. « C’est en combattant le mythe selon lequel l’asexualité concerne surtout les femmes que j’affirme mon engagement féministe. »

Le désir et le plaisir des femmes en situation de handicap existent. Pourtant, la sexualité des femmes avec incapacité est encore largement taboue, invisibilisée et infantilisée. Caroline Samii-Esfahani a recueilli les témoignages d’Isabelle Boisvert et de France. Leur point commun? Elles sont des femmes en situation de handicap qui brisent le silence et qui s’expriment avec conviction sur leur rapport à la sexualité.

Bonne lecture!

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