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L’effet de la pandémie et le risque de subir de la violence conjugale au Québec

Février et octobre 2021. Le Québec affronte deux vagues houleuses de pandémie de COVID-19. Les mesures sanitaires sont resserrées, la population confinée. Dans plusieurs foyers, les risques de violence conjugale s’accroissent. Aperçu des résultats d’une étude menée par une équipe de chercheuses de l’Université de Sherbrooke.

Ce texte, initialement publié le 20 mai 2022, a été révisé le 1er septembre 2022.

L’article publié en avril 2021 dans le dossier Les femmes et la pandémie du Conseil du statut de la femme au sujet de la violence envers les femmes faisait état d’un éventail de données. Celles-ci tendaient à montrer une augmentation du nombre et de la gravité des actes de violence commis à l’endroit des femmes par un conjoint ou un ex-conjoint depuis le début de la crise sanitaire, particulièrement en contexte de violence conjugale.

L’étude menée par Ariane Pelletier, Marie-Aude Picard-Turcot et Alycia Therrien, sous la supervision de la Dre Mélissa Généreux, montre que la pandémie a contribué à l’augmentation du nombre de femmes vivant une situation à haut potentiel de violence de la part de leur conjoint. L’enquête à laquelle ont répondu 3 500 femmes en couple à 4 moments clés de la pandémie de novembre 2020 à octobre 2021, met aussi en évidence une fluctuation d’actes violents en fonction de l’évolution de la pandémie.

Le contrôle du partenaire et la violence physique sont des manifestations de violence qui auraient atteint un pic en février et en octobre 2021, alors que le Québec connaissait un resserrement des mesures sanitaires, vu la hausse des cas de COVID. En revanche, les mêmes gestes étaient à leur plus bas en juin 2021, ce qui correspond au déconfinement de la période estivale. Ce constat a été établi par l’observation de l’indice de violence conjugale (voir l’encadré). En octobre 2021, cet indice était présent chez 1 femme en couple sur 6, soit 17,6 % des femmes sondées.

Indice de violence conjugale

L’indice de violence conjugale conçu par l’équipe de recherche de l’Université de Sherbrooke vise à repérer les femmes à risque de subir de la violence conjugale, et ce, en présence d’au moins une caractéristique parmi les suivantes :

1. Score de HITS de 6 ou plus

  • H (Hits) : M’agresse physiquement
  • I (Insult) : M’insulte ou me parle avec mépris
  • T (Threaten) : Me menace de violence physique
  • S (Scream) : Hurle ou me lance des injures

2. Présence de violence physique sans égard à la fréquence

3. Peur du partenaire

Par ailleurs, l’étude a aussi permis d’analyser les conséquences des gestes violents subis par les femmes ayant répondu au questionnaire. Il est rapporté que des symptômes d’anxiété (de modérés à sévères) ou de dépression sont deux fois plus souvent présents chez les femmes auxquelles est associé un indice de violence conjugale. Celles-ci seraient également trois fois plus souvent touchées par des idées suicidaires.

Précisions méthodologiques

En concevant un indice de violence conjugale, l’équipe de recherche visait à repérer les femmes vivant une situation hautement à risque de violence de la part de leur partenaire. L’indice a été établi à l’aide de résultats obtenus dans une enquête populationnelle menée de 2020 à 2021 auprès de 10 000 personnes ayant répondu à un questionnaire abordant différentes répercussions psychosociales de la COVID-19. Y ont été intégrées sept questions relatives à la violence entre partenaires intimes. L’outil HITS utilisé est reconnu pour le dépistage des signes précoces de violence conjugales chez les femmes en couple.

Ce contenu a été préparé par Nathalie Bissonnette du Conseil du statut de la femme.